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Qu'est-ce qu'un texte lisible ? Que signifie l'expression
« bien écrire » ? Pourquoi le
message « passe-t-il » ou « ne
passe-t-il pas » ?
La clarté du message, la qualité de la
présentation et la concision du propos interviennent à
parts égales dans ce que l'on pourra appeler l'équation
de la communication écrite.
La correction orthographique et grammaticale participe à la
maîtrise de la langue et donc à la clarté du
message. En ce domaine, les logiciels d'aide à la
détection de fautes orthographiques ou grammaticales ne
sauraient se présenter comme une panacée. Ils ne
remplaceront jamais le rédacteur dans la phase
d'élaboration du document. devant sa feuille ou devant son
écran.
Aussi, que l'aide électronique ne devienne pas une
béquille encombrante ! Ne confondons pas correcteur et
écrivain public. Ne confondons pas outils et maître
d'oeuvre.
Le présent fascicule électronique vise modestement
à rassembler et à présenter les
ingrédients essentiels pour concevoir une communication
écrite efficace.
On n'écrit pas de la même manière selon que
l'on souhaite rédiger une lettre (de candidature, de
motivation, d'avertissement), un rapport (d'activité,
d'enquête), un dossier, un article ou une simple note de
service.
Avant de réinventer la roue, il suffit bien souvent de
s'inspirer de ce qui
existe déjà, aussi bien en termes de
présentation, que de ton ou de manière d'aborder les
sujets. Conservatisme ? Certainement pas ! Un message
« qui passe » respecte le plus souvent les
habitudes de lecture du ou des destinataires.
Le bouleversement de la forme, du style ou du ton ne peut se
concevoir que de manière délibérée avec
la parfaite conscience de ce que l'on recherche : mais c'est un
autre débat.
Quel que soit le document à réaliser, l'essentiel du
message doit figurer sur la première page, voire dès
les premières lignes. Ce seront :
L'objet en début de lettre,
Un bref exposé des motifs en tête de rapport,
Un titre explicatif sur la couverture d'un dossier.
« Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément. »
Il n'existe pas de sujet complexe, il n'y a que des formulations
compliquées ou confuses.
1. Toujours préférer les phrases courtes, de moins de
30 mots.
2. Aller droit au but, poser le problème en deux ou trois
lignes, quitte à revenir sur les circonstances et les
détails nécessaires à toute la
compréhension du propos.
3. Éliminer les redondances, la multiplication des adverbes et
les formules
qui visent à emporter l'adhésion du lecteur :
ex : «D'ores et déjà au jour
d'aujourd'hui, notre action est à
l'évidence parfaitement et réellement mal
comprise, tout le monde en conviendra. »
(l'information effective tient en cinq mots : notre
action est mal comprise) - En conclusion pour ma part
je pense qu'il faut baisser les prix. (la conclusion
tombe sous le sens de l'affirmation : il faut baisser les
prix).
La difficulté réside en effet dans la distinction entre
l'information que l'on souhaite transmettre et ses propres
commentaires, sa propre opinion. Autant que faire se peut, le
rédacteur distinguera nettement les deux
éléments et dosera soigneusement les « ce
que je crois » et autres « quant
à moi personnellement ».
Écrire pour les autres ne rime pas avec création
d'une oeuvre de littérature. A éviter, les romans
fleuve, mais également le style télégraphique
pouvant prêter à confusion («qu'a t'il donc
bien voulu dire ? ») et les messages sibyllins
(«ok » sans autre précision et sans
même rappeler à quoi la réponse fait
référence).
L'auteur doit se mettre à la place du destinataire pour
imaginer l'impact du document. Le laps de temps qui va
s'écouler entre l'ouverture de l'enveloppe ou de la chemise et
son envol vers la pile des rebuts peut être extrêmement
bref Il sanctionne ainsi un document efficace (un coup d'oeil suffit
pour évaluer sa teneur) ou au contraire non avenu (trop long,
qui exige de lire attentivement avant de saisir enfin de quoi il
retourne).
Autrement dit et en poussant le raisonnement à
l'extrême, pour un impact optimal, le document à
produire ne devrait pas dépasser un recto ! C'est ce que
l'on recommande d'ailleurs pour les lettres, les CV, les mémos
et les notes. Si le document « déborde »
sur le verso ou tout simplement s'étend sur plusieurs pages,
alors il faut choyer sa première page ou sa couverture (sa
« Une » pour un journal ou une revue) :
c'est là, dans l'annonce du contenu que la concision est
attendue.
Un message clair requiert un usage pertinent du vocabulaire.
Le destinataire n'a pas toujours de dictionnaire sous la main :
éviter les mots rares ou précieux, les termes de
métier, les jargons et autres termes techniques à
l'adresse des non-professionnels, y compris des collaborateurs qui ne
sont pas nécessairement aussi informés qu'on pourrait
le croire.
Cependant, un vocabulaire sobre ne rime pas nécessairement
avec pauvreté de la langue. La première des
tâches consiste à trouver le mot juste, à
utiliser le terme exact : précision et rigueur du
vocabulaire.
avatar est improprement
employé à la place d'aventure ou d'incident - de
même apologie avec panégyrique,
sérieux (anglicisme, serious) avec
grave - se baser avec se fonder -
achalandé
avec approvisionné - s'avérer
(être vrai) avec se révéler -
somptuaire avec exagéré - au
niveau de (à la hauteur de) avec sur plan de (au
point de vue de) - etc.
Les verbes dynamisent le propos et lui donnent la vigueur
nécessaire. Ils participent au rythme de la lecture. Une
dérive actuelle tend à ne plus conjuguer les verbes et
donc à multiplier les verbes à l'infinitif
(«Pour pouvoir vaincre la crise, on doit faire faire une
étude »). Résultat : une lourdeur
désespérante, une pesanteur néfaste.
| étranger | francisation | conseillé |
| bug | bogue | tourment |
| business plan | plan d'exploitation prévisionnel | conte pour adulte :-) |
| cybermarketing | - | télamercatique |
| mél | courriel | |
| ranking | - | classement |
| start up | jeune pousse | agiotante |
| to surf | - | peigner la girafe |
| window open | - | vasistas / fenestron |
| web | toile | |
| webmaster | webmaistre | télamaistre |
La confusion et le mélange des temps (passé -
présent - futur) nuit à la lisibilité du texte.
Le présent convient à la plupart des formes de
documents et donne vie à leur contenu. En
général, l'emploi du futur ne se justifie pas, sauf si
l'on souhaite expressément se référer à
un événement à venir.
L'usage des modes (indicatif ou subjonctif ?) ne pose aucun
problème si l'on respecte la règle : l'indicatif
est le mode du réel, le subjonctif, celui de l'irréel.
1. On utilise le subjonctif dans la proposition subordonnée
quand le verbe exprime un ordre, un sentiment, un doute («il
faut que tu viennes, je crains qu'il soit malade, je doute qu'il
réussisse »)
2. Lorsque la proposition principale est à la forme négative ou
interrogative, le subjonctif est de rigueur (distinguer «je
crois qu'il vend bien » et « je ne crois
pas qu'il vende bien »)
3. Toujours le subjonctif avec : avant que, en attendant que,
jusqu'à ce que, non que, soit que, pour que, de peur que.
ATTENTION : Après qu'il eut vendu
(indicatif, mode du réel et non pas qu'il ait
vendu).
4. Place de l'accent aigu et de l'accent grave :
I. Le « E » devient
« È » devant une syllabe muette. ex
: lever, il se
lève.
II. Le « É » devient
« È » devant une syllabe muette finale.
ex : espérer, il
espère, mais bien : il
espérera.
Alternativement adjectifs, pronoms (qui s'accordent) ou adverbes (invariables) ces trois mots peuvent causer bien du souci. Tout est question de sens
D'un emploi délicat, le point-virgule tend à
disparaître au profit du point. Limiter l'abus de points
d'exclamation, de suspension (trois points) et d'interrogation,
éviter absolument leur combinaison «!!???!!?!»
Pas de virgule avant un pronom relatif (J'ai vu un livre qui - pas de
virgule - me plaisait).
Préférons les guillemets français
« et » aux américains ". Ils encadrent
des citations ou marquent la distance de l'auteur par rapport
à certains mots ou expressions. Quant aux mots
étrangers, soit ils s'entourent de guillemets, soit ils
s'italisent : on ne saurait combiner les deux et il faut choisir
" ou « une fois pour toute, afin de conserver son
unité au document.
Comment obtenir les guillemets ouvrants («); et fermants
(») sur un clavier d'ordinateur ?
Parenthèses ou tirets ? Les parenthèses isolent un commentaire, indiquent un rappel ou fournissent une explication non nécessaire à la compréhension générale du texte. Les tirets ont l'effet inverse et mettent en valeur le passage concerné :
J'ai déjà exposé ces faits (Cf mon rapport du mois dernier), mais vous ne vous en souvenez pas - j'en suis convaincu.
On supprime le second tiret lorsqu'il termine une phrase.
Les caractères de ponctuation diacritiques (qui supposent que la plume se lève du papier pour les dessiner : « ; - ? - ! - » se précèdent d'une demi-espace insécable et se suivent d'une espace normale. Sauf : les points de suspension qui restent accolés au mot qui les précède.
ABRÉVIATIONS
L'outil informatique autorise toutes les fantaisies. Un bon
traitement de texte et une bonne imprimante peuvent ainsi
déboucher sur des résultats catastrophiques en
matière de lisibilité Abondance de moyens nuit.
Première des règles : se conformer à ce qui
est en vigueur dans l'entreprise (documents type, tradition de mise
en page) ou à ce qui se fait chez les professionnels.
Limiter généralement l'usage à deux polices de
caractères par document. L'un servira aux titres (ex : un
Avant Garde Bold), l'autre au texte lui-même (ex : un
Times). Attention à la compatibilité des polices entre
elles :
Dans une lettre (correspondance), un mémo ou un rapport la
justification ne
se justifie pas
Le fer à gauche (alignement sur la marge de gauche), simple
à mettre en oeuvre, fournit une parfaite lisibilité.
La justification convient en revanche à un journal interne. On
entre alors dans le domaine délicat de l'édition
électronique : cela requiert formation, attention, sens
de l'esthétique, intérêt et passion.
Afin de ne pas alourdir la lecture, les lignes ne doivent pas
dépasser une longueur de 150 mm (corps 12 requis). Une
longueur de 30 mm s'accommodera de caractères très
petits (corps 5 ou 6), mais attention à la fatigue visuelle.
Le document doit être aéré (le texte des lettres
ou mémos commencent à un tiers du haut de la page).
Indiquer lorsqu'il convient de tourner la page (symbole ../..).
Tous les éléments d'identification figurent-ils sur la
première page ? identité (nom, fonction, statut)
de l'auteur, service ou société, date, lieu,
destinataire, copie(s), objet, nature (billet ou rapport ?), une
réponse est-elle ou non souhaitée
Faut-il rappeler que la lettre manuscrite s'impose dans certains cas
(correspondance non professionnelle, remerciements, lettres de
candidatures).
Un simple exemple commenté :
| FROM : | Jean <jean@mediateur.com> |
| TO : | Florence Bala <fbala@francetelecom.fr> |
| CC : | Marie Martin <mmartin@francetelecom.fr>, info@francetelecom.fr |
| BCC : | Nathalie Voualah <nvoualah@sequant.com> |
| REPLY TO : | info@sequant.com |
| ATTACH : | sequant-cdc.doc |
| SUJECT : | SEQUANT : votre devis pour une LS |
| Madame, nota : le fichier joint est au format MS Word 98 pour Macintosh - normalement lisible sur tout PC-Windows Bien à vous, ---- Jean development manager / Sequant group S.A. 10, rue Montaigne - F-13100 Aix en Provence +33 5 44 86 41 45 (direct) +33 5 44 86 41 41 (standard) +33 5 44 86 41 40 (fax) http://www.sequant.tv : the worldwide business IMPORTANT : the information contained in this email is privileged and confidential, intended only for the use of the individual or entity to whom it is addressed. If the reader of this email is not the intended recipient, you are hereby notified that any dissemination, distribution or copying of this email is strictly prohibited. If you have received this email in error, please notify the sender immediately by email and delete this email. Any views expressed in this email are those of the individual sender unless the sender specifically states otherwise. | |
| FROM : | ou "DE :" ou "EXP :" indique l'adresse et le nom de l'expéditeur |
| TO : | indique l'adresse et le nom du destinataire principal |
| CC : | pour "carbon copy" ou "Copie Conforme" indique l'adresse et le nom en clair du ou des destinataires secondaires. S'ils sont plusieurs, les adresses courrielles sont séparées par des virgules (Netscape, Eudora) ou des points virgules (Microsoft Outlook) |
| BCC : | pour "blind carbon copy" ou "copie cachée" ou "CCI" (avec Microsoft Outlook) indique l'adresse et le nom du ou des destinaires secondaires sans que le destinataire principal n'en soit averti. |
| REPLY TO : | ou "Répondre à" force le destinataire à répondre au message sur une autre adresse que celle de l'expéditeur. |
| ATTACH : | ou "x-attachements" ou "pièce jointe" ou "document attaché" joint un fichier au courrier électronique. |
| SUJECT : | ou "objet" ou "sujet"
est le titre du message. Le premier mot du titre facilite (pour
le destinataire) son classement alphétique en l'attente
d'un archivage raisonné. Éviter donc à tout prix les messages sans titre et les "re- ton message" ... En interne, on pourra adopter un système similaire :
|
| CORPS DU MESSAGE OU BODY : | Le corps du message obéit
aux usages de la politesse traditionnelle et de la nétiquette.
On tend aujourd'hui à remplacer la formule de salutation
par un simple "Bonjour". Le "nota" précise le format des fichiers joints au message. C'est un égard qui peut faire économiser bien du temps... Une signature complète est vivement recommandée. Il est inutile de la ressaisir chaque fois : tous les logiciels de courrier élecronique proposent de l'inscrire "en dur" une fois pour toute. On rajoutera utilement une mention égale de confidentialité du courrier expédié. |
| SMILEY'S : | L'humour passe difficilement la barrière de l'écriture électronique. Bannissez-le ou faites suivre toute pointe d'humour par un ":-)" qui signifie : "je plaisante..." |
Pour vous comme pour vos collaborateurs, il est important de nommer les fichiers de manière claire pour tous.
Vos fichiers étant destinés à être fréquemment acheminés par courrier électronique, il est recommandé de les enregistrer dans l'un des formats les plus répandus à défaut de pouvoir respecter les normes internationales en vigeur (html, cgm, png, etc.).
Le nom des fichiers ne doit comporter aucun caractère diacritique, aucune espace, pas de tiret (« - »), pas de caractère de ponctuation à l'exception du point qui précède le suffixe.
1er exemple : « sqt_presentation_tmp.ppt » :
2d exemple : « SG_engagement_pst_fax.doc » :
|
SQT |
tout document relatif au projet Sequant |
|
GEP |
tout document relatif au guide de l'étiquetage |
|
MEMO |
note pour diffusion interne |
|
HLP |
fichier d'aide |
|
MODELE |
modèle de document |
|
TMP |
provisoire - notes |
|
V1, V2... |
version 1, version 2... |
|
OK |
validé, définitif |
|
OLD |
ancienne version, dépassé |
|
EE, BL, CF, GO, JR, NB, SF, SM |
précise éventuellement le nom du rédacteur |
|
FAX |
document destiné à être télécopié |
|
PJ |
document destiné à être expédié en pièce jointe d'un courriel |
|
PST |
document destiné à être expédié par envoi postal |
à l'attention toute particulière des utilisateurs de Macintosh : veillez à terminer le nom de chaque fichier par le suffixe nécessaire à leur lecture par un PC-Windows ou Linux :
Une fois le texte rédigé, une première
relecture s'impose. Elle débusque les « sauts de
pensée » (omission d'une phrase ou d'un mot). Le
passage au détecteur de fautes orthographiques et
grammaticales élimine les erreurs de frappe et la quasi
totalité des fautes les plus courantes. Ca y est, on peut
l'imprimer mais pas encore le transmettre.
Écrire pour autrui requiert du détachement par rapport
à « sa prose ». Quelle que soit sa
nature, le document doit être oublié une heure, un jour
si c'est possible, afin de le relire une dernière fois avec un
regard neuf, avec un regard presque étranger, celui de son
destinataire.
On peut également pratiquer le principe de la double
relecture, un collègue (ou ami) commentant le document.
A ce stade, l'auteur ou le rédacteur est en mesure de
répondre aux questions : Vais-je être compris, ne
vais-je pas être mal interprété ? Mais
surtout à celles-ci :
Lorsque toutes les questions trouvent une réponse, c'est que le document est prêt !
NOTA : Les journalistes appliquent la règle des 5 W (Who, qui - What, quoi - Why, pourquoi - Where, où - When, quand)
Le nouveau Bescherelle 2 - L'art de l'orthographe
(1980 - Hatier)
Grammaire française
(par Albert Hamon - Classiques Hachette - 1962)
Grammaire de l'Académie Française
(nouvelle édition 1933 - Firmin-Didot)
Dictionnaire des difficultés de la langue française
(1971 - Larousse)
Le Petit Robert 1, dictionnaire alphabétique et analogique de la langue française.
Le Petit Robert 2, dictionnaire universel des noms propres.
On peut également s'inspirer de :
Manuel de Typographie française élémentaire
(Yves Perrousseaux - Atelier Perrousseaux éditeur)
Écrire pour son lecteur
(éditions du CFJ)